Au coeur de l'impunité 7 février 1986 : rejet de la dictature Exposition virtuelle Bibliothèque Soumettre un document

12 novembre 1964 : exécution  de Drouin et de Numa

En exclusivité : voir le film historique de l'exécution de Numa et Drouin au bas de cette sous-rubrique.

 

Heureux ceux qui sont morts d'une mort solennelle
Heureux ceux qui sont morts pour quatre coins de terre

Charles Péguy

 

Numa et Drouin furent les seuls capturés vivants des 13 membres de Jeune Haïti
qui ont débarqué à Petite-Rivière de Dame-Marie le 5 août 1964.

 

 

Le 12 novembre 1964 à  sept heures quarante du matin, contre le mur nord-ouest du cimetière de Port-au-Prince, deux jeunes originaires de la Grande-Anse, Louis Drouin et Marcel Numa tombaient sous les balles d'un peloton d'exécution des Forces Armées d'Haïti. Des centaines d'écoliers amenés sur ordre de François Duvalier ont assisté à l'exécution dont le film sera repassé tout au long de la semaine par l'unique station de télévision de Port-au-Prince. Des camions bourrés de gens, dont la plupart ignoraient le véritable but du trajet, venaient grossir la foule rassemblée près du cimetière. Les cadavres de Numa et Drouin sont restés à la vue de tous sous le soleil pendant plusieurs jours après l'exécution. Pour parfaire ce spectacle macabre, furent exposés également le jour de l'exécution, sur une chaise le cadavre de Yvan Laraque, identifié comme le commandant du commando, ainsi que les têtes coupées des corps inertes de Réginald Jourdan, Roland Rigaud et Guslé Villedrouin.

 

Dans son livre Papa Doc et les Tontons macoutes, Bernard Diederich dans "Papa Doc et les tontons macoutes" a commenté en ces termes l'action héroïque de ces treize jeunes en 1964 : "Ils sont allés au combat en vue d'un objectif précis portés par leur foi en l'avènement d'une nouvelle société dans leur patrie."

 

Une parodie de procès fut organisée par Duvalier dont l'issue était connue d'avance : la mort pour les opposants.  Avant le procès et jusqu'au dernier moment de leur exécution, les Duvaliéristes offraient à Numa et Drouin la possibilité de se renier en échange de la vie sauve. Et particulièrement Numa qui avait dû subir les pressions de son père  et de son beau frère, tous deux des duvaliéristes. Numa devait se désolidariser de Drouin pour que l'idéologie noiriste puisse être utilisée pleinement, à savoir que ce sont les mulâtres qui en voulaient au noir Papa Doc. Jamais, les deux n'ont cédé à un quelconque chantage, ils sont restés stoïques et fidèles à leurs convictions en acceptant de mourir dignement pour Haïti.

 


HONNEUR ET RESPECT

 

Max Armand, Jacques Armand, Gérald Brierre, Mirko Chandler, Louis Drouin fils, Charles Forbin, Jean Gerdès, Réginald Jourdan, Yvan Laraque, Marcel Numa, Roland Rigaud, Guslé Villedrouin et Jacques Wadestrandt.

 

ILS SONT TOUS MORTS POUR HAÏTI

 


 

 

Cliquer pour commander le catalogue "Mourir pour Haïti : la résistance à la dictature en 1964", octobre 2014

 

 

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Exécution de Louis Drouin et de Marcel Numa : La déchirure

Les exécutions publiques étaient fréquentes durant la dictature duvaliériste, mais celle de Numa et Drouin avait la tragique singularité d'être la première exécution sommaire médiatisée à l'échelle nationale. "Le chef de l’État, qui déroutait ses amis et adversaires par son sens de la mise en scène et de la dissimulation, voulait, à n’en pas douter, frapper un grand coup qui devait marquer les consciences et faire trembler tout le pays." L'on retiendra des deux martyrs Numa et Drouin « la verticalité de leur regard ». Par l'éditorialiste et enseignant, Roody Édmé, 2013.

établi Nov 12, 2014

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Les treize de Jeune Haïti : qui étaient-ils? que voulaient-ils?

Texte de la conférence par l'artiste Ralph Allen sur les treize et le mouvement Jeune Haïti à travers des documents inédits. Jeune Haïti fut un mouvement structuré et porteur d'une vision pour la construction d'une Nouvelle Haïti. Treize membres de Jeune Haïti, dans un élan de solidarité avec la guérilla de Fred Baptiste, sont venus à leur tour combattre le tyran François Duvalier en août 1964. Cet élan de solidarité patriotique est illustré par ces mots de Géto Brierre : " Si nous ne venons pas en aide à Fred Baptiste, comment pourrons-nous nous regarder dans un miroir et nous dire que nous sommes des hommes? ". Ralph Allen est le neveu de l'un des treize, Louis (Milou) Drouin Jr qui a été exécuté avec son compagnon, Marcel Numa, le 12 novembre 1964.

établi Aug 06, 2014

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"J'ai chié" par François Duvalier

Suite à la mort au combat des treize de Jeune Haïti, le journal du F.A.R.H (organe de la jeunesse révolutionnaire haïtienne) publia un texte satirique que le journal attribuait à dessein au dictateur François Duvalier, qui règnait en maître sur Haïti, que les treize jeunes résistants et la guérilla de Fred Baptiste étaient venus défier. F.A.R.H, 1e édition, No 1, décembre 1964.

établi Nov 12, 2014

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Vidéo de l'exécution de Numa et Drouin - 12 novembre 1964

EN EXCLUSIVITÉ ! Attention : certaines images peuvent choquer ! Voici le film historique de l'exécution de Marcel Numa et de Louis (Milou) Drouin Jr retransmise en direct par la radio officielle,"La Voix de la République", puis en boucle pendant des jours sur la seule chaîne de télévision nationale. Ce fut le 12 novembre 1964, à 7 h 40 A.M., contre le mur nord-ouest du cimetière de Port-au-Prince, en Haïti. Marcel et Louis ont affronté la mort avec courage et dignité. Marcel Numa avait 21 ans et Louis Drouin Jr, 31 ans, tous deux originaires de Jérémie et amis d'enfance. Les deux cadavres restèrent exposés pendant des jours dans la rue, retirés seulement après la demande faite a Duvalier par un ambassadeur africain accrédité en Haïti. On peut voir, au début de la vidéo, exposé le cadavre de Yvan Laraque, le chef du commando de Jeune Haïti. (Images non retouchées). Musique : Danièle Magloire et Atelye wòch Dife.

établi Nov 12, 2014

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