Au coeur de l'impunité 7 février 1986 : rejet de la dictature Exposition virtuelle Bibliothèque Soumettre un document

5 janvier 1958 : la première victime du duvaliérisme

 

Yvonne Hakime-Rimpel, connue pour être la première victime des exactions du régime de terreur en croissance de François Duvalier.
 


Née à Port-au-Prince en 1906, Yvonne Hakime-Rimpel, femme de tête et de coeur, autodidacte, devient journaliste et militante des droits de la femme. En 1934, elle fonde avec d'autres battantes la Ligue féminine d'action sociale et joue un rôle très actif au sein de la rédaction de La Voix des femmes. En 1946, Yvonne Hakime-Rimpel épouse le combat en faveur des libertés démocratiques.


Pour avoir dénoncé les élections frauduleuses de François Duvalier à la tête d'Haïti, Yvonne Hakime-Rimpel a vécu une nuit de martyr  le 5 janvier 1958 entre les mains des ancêtres des tontons macoutes connus sous le nom de cagoulards. 


Yvonne Hakime-Rimpel a longtemps gardé  le silence sur les événements du 5 janvier 1958. Morte en silence à 80 ans, le 28 juin 1986. Son mémoire sur lequel elle avait longuement travaillé  est porté disparu. 

 

 

 

Le 6 septembre 1957, elle dénonça en ces termes les élections frauduleuses en préparation dans un article intitulé "À moi Général, … deux mots " publié par le journal Escale :

Souffrez que par l'organe d'une femme la Vérité vous touche. Le peuple dont Vous gérez les intérêts n'est pas content. Ses droits sont méconnus . Sa liberté est un leurre. Il se  plaint des menées non équivoques tendant à lui imposer aux prochaines élections un élu qu'il n'aura pas choisi. Le cadre électoral patiemment bâti par certains de vos collaborateurs en faveur de leur protégé, celui qui affirmait tantôt par la voie de la presse qu' il était un candidat officiel, dit assez l'intention du gouvernement. […]

Général, le gouvernement que vous présidez a beaucoup à se faire pardonner depuis la sanglante action du 16 juin dernier : des malheureux sans défense tués, emprisonnés, battus; des hommes oubliés dans les cachots et qui attendent une justice lente à venir, des attentats contre les lois et la constitution du pays; la balance ostensiblement tarée au profit d'un candidat impopulaire; la justice injuste; l'asservissement de la magistrature.

Elle récidiva dans un autre article "Petits souliers de Noël" fin décembre de la même année :

Vous passerez inaperçus, cette fois, Petits Souliers de Noël, parce qu'un tout petit groupe rit aux éclats tandis que la terreur s'imprime sur le visage du plus grand nombre, en même temps que la fatigue de porter un cœur lourd de misères endurées et pourri de chagrin.

 

Un témoin-acteur de l'époque duvaliériste revient sur le sort d'Yvonne Hakime-Rimpel après la chute de la dictature :

Pressoir Pierre, ancien colonel de l'armée d'Haïti et artisan duvaliériste, avoue avoir alors conseillé au président François Duvalier de faire «convoquer Mme Rimpel pour lui donner un dernier avertissement», et confirme qu'en fait «Duvalier envoya quelques officiers de sa maison militaire dont Jacques Gracia, Franck Romain, José Borges, et les civils Clément Barbot, Eloïs Maître, Luc Désir (...) chez Mme Rimpel, qui a été enlevée en pleine nuit, en présence de ses enfants terrorisés» et que «Les officiers qui avaient participé à cet odieux kidnapping, qui se sont à l'époque enorgueillis d'avoir deshonoré la dame, se sont jugés tellement méprisables qu'ils durent, de peur d'être reconnus, se voiler le visage à l'aide d'un mouchoir: d'où leur nom de cagoulard ».

Pierre Pressoir,  1987. Témoignages : L'espérance déçue (1940-1976). Port-au-Prince : Éditions Henri Deschamps.

Source : Mémoire de femmes. 1997. UNICEF, Haïti. Texte de Jasmine Claude-Narcisse

 

Le type et les langues publiés Titre et Description date de création actes
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Les deux articles d'Yvonne Hakime-Rimpel

Yvonne Hakime-Rimpel dans le journal Escale qu'elle dirigeait dénonce les élections frauduleuses, les violations des droits humains et le système en place, ce qui a provoqué l'ire de François Duvalier et de ses militaires qui se sont vengés d'elle de la pire façon. Retrouver l'intégralité des articles "À moi général,... deux mots" et "Petits souliers de Noël". 6 septembre 1957 / 25 décembre 1957 au 1er janvier 1958.

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